Il est de ces personnes qu'on découvre trop tard. Je me souviens - il y a peu - un tourbillon de mots, élogieux, aimants, accablés, émus, bouleversés... parcourait les journaux, les réseaux, les yeux, les lèvres... Sa disparition venait d'ébranler les auditeurs... conquis. Prise dans cette tornade d'émotions, j'entrais, tâtonnante, dans son monde.
Si peu connu pour beaucoup l'aimant, cet amoureux des mots. Le chanteur, parolier, avait pourtant laissé traîner sa plume : écrivant à quatre mains, croisant les mots des uns et des autres, tissant les vers en variant les liciers, rencontrant des Claude Nougaro, inspirant des inspirés... La rencontre posthume, je l'ai vécu à Méricourt.
J'avoue que j'y allais avec appréhension. Comment fêter une disparition ? Quand j'arrivais dans les lieux, je remisais vite mes impressions, mes peurs de pleurs. Le convoi de photographes ne savait plus où donner des yeux. Sur les scènes, Françoise Kucheida, Loïc Lantoine, Fantine Leprest, From&Ziel, Jehan, La Rue Ketanou, Melissmell, Thomas Pitiot et bien d'autres se bousculaient pour lui rendre hommage... Sans compter les interludes hilarants de Pierre Henri ! Les gens affluaient et étaient heureux.
Et durant une soirée, Allain Leprest reprenait vie. Oui c'était vraiment la fête !