Danser tristement.
Lorsque je photographie un concert, j'ai souvent du mal à me concentrer sur ce que chante l'artiste. Aussi, du premier concert de MALé, je n'ai comme souvenir que sa réaction à mes photos : « Pour une fois je ne ressemble pas à une marmotte sur une photo ! ». Si cela m'avait fait sourire cela m'avait aussi fait plaisir, et j'avais offert la plus réussie de toutes les photos à la mère de MALé, présente ce jour-là.
Depuis j'ai heureusement eu l'occasion de revoir MALé sur scène et d’écouter ses textes. MALé c'est du folk croisé avec du rap. Ce sont des textes directement branchés sur notre monde comme il va, mal.
Ce qui m'a beaucoup surpris en m’entretenant avec MALé c'est la quantité de projets dont elle m'a parlé. Des featuring avec d'autres artistes, une orientation plus électro de certaines de ces compositions, des projets de tournée, un concert chez l'habitant à Nairobi…
Après avoir travaillé en entreprise pendant 15 ans, MALé décide de devenir elle-même sa petite entreprise.
Et oui sa petite entreprise connaît la crise ; elle connaît la crise climatique, elle connaît la crise politique, elle connaît la crise du malaise dans la civilisation.
Le fait que Miossec, Dominique A, Björk, Françoiz Breut aient accompagné son adolescence était déjà le signe que les textes de MALé ne pouvaient que s'ancrer dans notre temps.
Mais ce que vise MALé, c'est de faire danser tristement le public. Elle m'a fait penser un chanteur français des années 70, 80 François Béranger, qui avait écrit une chanson sur l'exploitation des travailleurs immigrés en France, chanson sur un rythme exotique et entraînant. Il avait remarqué que ce qui avait retenu l'oreille des programmateurs et du public c'était la « musiquette » et pas le texte. Ce que j'ai compris du projet de MALé c’est de permettre au public de se laisser guider par le rythme et la musique, mais sans oublier les paroles.
En attendant, la musique, le rythme, les paroles de MALé sont disponibles sur toutes les plateformes.
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Écrit par Philippe J le 05/09/2025
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