Comme chaque année depuis 10 ans maintenant, le Crossroads festival rouvre ses portes à la Condition Publique avec une toute nouvelle programmation d’artistes. C’est dans un contexte politique difficile pour toute la culture, et particulièrement pour la musique émergente, que la 11ᵉ édition accueillera fidèlement les festivaliers du 3 au 5 novembre.
Au programme : 21 groupes et artistes dont 8 originaires des Hauts-de-France et 3 de Belgique. C’est d'ailleurs ce que veut la Brigade d’Intervention Culturelle à l’origine du festival : une vraie diversité de provenance et de genres. Il y en aura donc pour tous les goûts, du rap, du rock, de l’hyperpop, et même de la folk pour un soupçon de traditionnel… Chaque soirée sera très variée, impossible de ne pas trouver son bonheur !
De la musique mais pas seulement
Le but principal du festival : permettre aux artistes de réseauter dans de bonnes conditions tout en étant accompagnés par des professionnels. En effet, tout au long de la journée, des spécialistes animeront des tables rondes et des rencontres aux thèmes variés et actuels comme la place des radios indépendantes et leur importance pour la musique émergente, la place des artistes dans la société, la gestion du stress au travail et bien d'autres.
Il y aura aussi des temps de rencontre avec 3 artistes au parcours innovant et inspirant : Thérèse, Ismaël Allen et Forest Pookie. Globalement, beaucoup d’ateliers sont prévus pour les artistes, mais ils restent accessibles à toutes les personnes intéressées, que ce soit pour profiter des concerts ou pour en apprendre plus sur certains sujets.
Au cœur du programme, un slogan : « Small is beautiful ». Le festival porte de nombreux engagements : la mobilité douce, la parité de genre parmi les artistes, la diversité artistique, culturelle... mais aussi culinaire ! En favorisant le circuit court, cette année les Hauts-de-France sont aussi mis en valeur avec la cuisine proposée sur place.
Vous pouvez retrouver la programmation et les horaires des concerts sur ce lien : https://www.crossroadsfestival.org/programmation-2026/
Interviews : Le Crossroads engagé pour la jeunesse.
Cette année, le Crossroads a souhaité s’ouvrir à la jeunesse. “Du montage au désassemblage”, 8 élèves de terminale du lycée Charlotte Perriand de Genech suivront le déroulé du festival pendant les trois jours. L’objectif pour Jérome Drumez, professeur documentaliste et référent culture de l’établissement et Patrick De Laguérie, président de la Brigade d’Intervention Culturel (B.I.C), est clair : ouvrir le champ des possibles à ces jeunes qui devront, en fin d’année, affronter la fatidique épreuve de Parcoursup.
Becca : “Comment avez-vous sélectionné les élèves ?”
Jérome Dumez : “J’ai envoyé un mail à l’ensemble des terminales puis nous avons sélectionné 8 candidats qui se destineraient à des métiers des arts et du spectacle ou qui ont tout du moins une appétence pour la culture mais qui ne savent pas encore quoi faire.”
Matias Perrin-Demurtas : “L’objectif est donc de les aider dans leurs projets d'orientation ?”
J.D : “Oui, on va les intégrer dans le déroulement du festival de A à Z, de l’avant à l’après. Des rencontres et des visites sont prévues avant le festival, ensuite ils le vivront de l’intérieur, en immersion. Ils pourront rencontrer des jeunes artistes, des étudiants dans différents domaines comme les médias, le son, ou la technique, et des professionnels. L’objectif est clairement de faire germer en eux des envies et des idées et qu’ils repartent avec des contacts pour s’ouvrir des portes.”
Patrick De Laguérie confirme cette volonté du Crossroads d’aider à l’insertion professionnelle.
P.D.L : “C’est très important pour nous et surtout très efficace, on arrive aussi à avoir le lycée professionnel Jean Rostand et c’est pas rien. De plus, les métiers de la musique recrutent et il faut les féminiser. Même si sur scène on arrive à avoir la parité à peu près, c’est plus compliqué dans les équipes techniques. Ça progresse grâce à des dispositifs d’insertion comme celui que nous proposons car ils servent aussi bien à l’insertion qu’à la sensibilisation grâce aux rencontres.”
B. : “Et si on voit au-dessus de l’insertion, comment ce dispositif aide les lycéens ?”
P.D.L : “Concrètement, vivre ce genre d’aventure pour les lycéens, même si ça n’a rien à voir avec leur parcours, c’est très bien car ils s’ouvrent l’esprit en étant aussi dans le rapport humain. Moins on se parle, plus les relations sont compliquées et ça part vite en cacahuète alors que si les gens se voient et se parlent, peut-être que ça irait mieux, donc oui c’est vraiment important pour nous.”
Pour l’avenir du partenariat, le lycée et le Crossroads sont très optimistes.
B. : “Vous voulez pérenniser ce partenariat sur les années à venir ?”
J.D : “C’est l’idée. On s’est d’abord dit qu’on allait démarrer comme ça pour voir comment ça se passe et en fonction, on verra justement comment on pourra retravailler avec le Crossroads. Peut-être qu’on pourra améliorer le projet ! On verra comment ça se déroule mais l’idée oui, ça serait d’établir un partenariat durable”.
P.D.L : “On défend la convivialité et l’insertion professionnelle et sociale chez les jeunes donc évidemment qu’on veut continuer le projet et l’étendre de plus en plus”.
Jérome Dumez voit même plus grand.
M.P-D : “Vous voulez vous entendre à d’autres festivals ?”
J.D : “Pourquoi pas ? Dans un monde de la culture qui s'effrite, il ne faut pas échapper à ce genre de dispositifs qui disparaissent rapidement aujourd’hui. Il faut trouver de nouvelles choses et compter sur la bonne volonté des gens. Comme ça on pourra montrer qu’on peut faire des choses avec pas grand-chose”.
B. : “Le lycée dispose de peu de moyens ?”
J.D : “Je suis soutenu par mon directeur donc je peux avancer sereinement mais nous sommes encore à la phase de test donc si ça se passe bien peut-être qu’on nous débloquera plus de moyens au niveau de la région ou du département. Là je n’emmène que 8 élèves car le véhicule mis à disposition par l’établissement n’a que 9 places mais ça serait super d’en emmener plus. On verra comment ce projet évolue !”
Une 11ème édition placée sous le signe de l’insertion professionnelle qui sonnera comme un test pour éventuellement penser un partenariat durable entre le lycée Charlotte Perriand et le Crossroads.
Matias Perrin-Demurtas et Beccasseau
Écrit par Matias Perrin-Demurtas le 22/09/2026
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