Deux choses m’ont surpris ce soir. Le fait que la voix de Patti Smith soulève toujours autant d’émotion ; le mélange d’adolescents, de trentenaires et même de quinquagénaires dans le public. Devant mon excitation à assister le même soir à une lecture au Tri Postal et à un concert au Sébastopol, ma fille me dit : « C’est comme pour Britney Spears ! » La comparaison m’a semblée aussi amusante qu’incongrue, et je souhaite à l’une la même carrière qu’à l’autre.
La lecture : si l’on ne m’autorisa pas à faire des photos, rien ne m’empêche de vous en parler ici. Ce qui frappe, c’est l’extrême aisance de Patti Smith vis-à-vis du public (quelques privilégiés très heureux et émus d’être là). Elle vient pour une lecture, mais, ses bagages ayant été égarés par la compagnie aérienne, elle n’a pas de livre ! Un Anversois qui a spécialement fait le voyage pour l’occasion sera très heureux de lui prêter son exemplaire de Auguries of innocence. Elle lit, parle de Jeanne d’Arc, de la nécessité de lutter contre le capitalisme, du mouvement « occupying Wall Street » (ce que nous appelons nous « les indignés »), de sa mère, de la façon dont elle a écrit People have the power. Elle chante aussi, Helpless de Neil Young, et People have the power accompagnée par Lenny Kaye.
Le concert : qu’est-ce qu’un bon concert ? C’est un concert qui vous paraît trop court. Ce fut une réussite pour Patti Smith au Théâtre Sébastopol ! La même aisance vis-à-vis du public, les ados qui se massent au pied de la scène pour chanter et danser. Les ados ? Mais pas seulement eux ! L’Anversois est là. Fan trentenaire, il connaît par cœur les chansons et ne se prive pas pour chanter. Un quadra chauve et en léger surpoids connaît lui aussi toutes les paroles et aura la chance de serrer deux fois la main de son idole ! Et les classiques de Patti Smith (Gloria, Rock’n roll nigger, Because the night) ont fait se lever la salle entière. En sortant, on se regardait, étonnés et enchantés d’une si belle soirée. Patti Smith n’a changé ni de voix, ni de voie.