Epidermiques, Art et tatouage
Épidermiques, Art et tatouage
Depuis 20 ans le tatouage est devenu un phénomène de société, dans la plupart des
pays industrialisés. Il est désormais évident que le tatouage n’est plus l’apanage des
marginaux, ni l’attribut des voyous et des prostituées, pas plus qu’il ne correspond
à un signe de reconnaissance inter-clan ou inter-classe. À cette expansion de fonction
et d’usage, s’est ajoutée une évolution fulgurante en termes de contenus, de styles, de
techniques. Les registres du tatouage ne cessent de s’élargir, niant ainsi les images d’Épinal
qui leur collaient à la peau.
Le tatoueur s’est peu à peu élevé au rang d’artiste (ou de tattoo-artist). Certains sont
devenus des artistes en développant leurs motifs, leurs styles, leurs messages sur des
supports variés ou explorant de toutes autres techniques (peinture, sculptures, installations).
Parallèlement, des artistes se sont intéressés aux nouveaux symboles, incarnations et
représentations du phénomène. Ils ont intégré le tatouage sur divers supports, dans un
esprit critique, et certains d’entre eux ont fini par épouser temporairement les écoles
graphiques du tatouage. Certains sont devenus tatoueurs ou dessinateurs de tatouage,
selon les demandes d’admirateurs ou pour eux-mêmes.
L’exposition Épidermiques explore les échanges réciproques entre art contemporain
et tatouage, pour mettre à jour les relations étroites qu’entretiennent ces deux domaines.
Les entrelacs sont nombreux : l’utilisation du corps comme support d’oeuvre ; la création
graphique préalable à l’oeuvre définitive ; le développement d’un style propre et personnel ;
l’évocation ou les citations permettant des inspirations réciproques...
Si le tatouage ne correspond pas nécessairement à une forme artistique à part entière,
il n’en est pas moins un remarquable catalyseur, et fait parfois l’objet de syncrétismes
étonnants entre différentes traditions picturales. Il témoigne d’une inventivité, d’une
liberté de ton et d’une démocratisation que bien des pratiques artistiques actuelles
ne peuvent égaler.
Provocateur, dénonciateur, consumériste, biographique, esthétique ou engagé,
le tatouage peut revêtir toutes les peaux et toutes les idées. Par son omniprésence, le
tatouage fait aujourd’hui partie des codes, expressions plastiques et références visuelles
qui composent partiellement notre perception de l’autre et du monde.
Après l’histoire anthropologique, historiographique et sociologique, c’est maintenant une
histoire de l’art du tatouage qui est en train de s’écrire...
Depuis 20 ans le tatouage est devenu un phénomène de société, dans la plupart des
pays industrialisés. Il est désormais évident que le tatouage n’est plus l’apanage des
marginaux, ni l’attribut des voyous et des prostituées, pas plus qu’il ne correspond
à un signe de reconnaissance inter-clan ou inter-classe. À cette expansion de fonction
et d’usage, s’est ajoutée une évolution fulgurante en termes de contenus, de styles, de
techniques. Les registres du tatouage ne cessent de s’élargir, niant ainsi les images d’Épinal
qui leur collaient à la peau.
Le tatoueur s’est peu à peu élevé au rang d’artiste (ou de tattoo-artist). Certains sont
devenus des artistes en développant leurs motifs, leurs styles, leurs messages sur des
supports variés ou explorant de toutes autres techniques (peinture, sculptures, installations).
Parallèlement, des artistes se sont intéressés aux nouveaux symboles, incarnations et
représentations du phénomène. Ils ont intégré le tatouage sur divers supports, dans un
esprit critique, et certains d’entre eux ont fini par épouser temporairement les écoles
graphiques du tatouage. Certains sont devenus tatoueurs ou dessinateurs de tatouage,
selon les demandes d’admirateurs ou pour eux-mêmes.
L’exposition Épidermiques explore les échanges réciproques entre art contemporain
et tatouage, pour mettre à jour les relations étroites qu’entretiennent ces deux domaines.
Les entrelacs sont nombreux : l’utilisation du corps comme support d’oeuvre ; la création
graphique préalable à l’oeuvre définitive ; le développement dï