Debout sur le Zinc
Spectacle
Chanson francaise
2011-12-02
 50 photos
L’idée d’un groupe festif serait trop caricaturale et limitée pour DSLZ. Il suffit de partir en errance au fil des chansons de ce nouvel opus pour se convaincre qu’il y a au-delà des apparences, cette petite blessure à ciel ouvert, une faille de l’enfance qui reste pudique mais à fleur de peau. L’abandon et les femmes sont omniprésents tout au long de ces douze chansons. Sous ses airs de ritournelle, «Avance sans moi», évoque l’absence, les sentiments de l’abandon, la déchirure ; « Belles parmi les belles», est une poésie candide aux émotions slaves qui surfe sur une portée disparue grâce à la voix troublante de sensibilité de Simon ; le passo doble lové à la Calexico de «Comme un frisson», aborde le rapport à l’autre, les relations, la communication , les mots qu’on aurait du ou ne pas dire, et la question essentielle : « Suis-je un homme bien ? ». Cette chanson aborde la vie et donc la mort. DSLZ prend enfin le recul et se pose en hommes matures ; « Indécis », petite balade sautillante sur l’éternelle indécision des sentiments, « l’équilibriste », est une métaphore sur le chemin de la vie; la pop efficace de «oublies-moi », évoque une petite mort annoncée ; « sur le fil », met le doigts sur la différence, la sensation de n’être jamais dans le bon avion « La vie c’est de la bricole/ deux, trois bouts de ficelle/un élastique et on décolle» ; dans « La vie à deux », il n’existe sur terre que deux races : Les hommes et les femmes. Tellement différents et tellement en manque de l’autre, comment faire pour cohabiter dans un même cÅ“ur ?; « J’ai déjà donné »est un imparable petit bijou de la carrure des « Mots d’amour », l’un des chef d’œuvre du groupe; enfin « Plan plan », où la lassitude du quotidien, l’ennui, la peur de l’autre conduit à ce sentiment d’être toujours à côté de sa vie comme dans « La fuite en avant », petite définition d’une manière assez rependue de se protéger du quotidien….. La fuite en avant, est un instantané de ce que vivent les humains de la planète DSLZ. Des hommes remplis d’émotions, de doute, qui regardent le monde dans lequel ils vivent, en toute humilité, avec maturité. Un album qui s’écoute comme on lit un livre. Il faut savoir tourner la page en arrière pour mieux comprendre et revenir à l’essentiel : Un peu de tendresse dans ce monde de brute, ça n’a rien d’insultant de nos jours… Laurent Lavige